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ALEX ET SES CHÀTEAUX
Le Château d'Alex
![]() | Ce château ou plutôt maison forte, jadis important, surveillait àla fois le débouché du col de Bluffy et la vallée du Fier. Construit àproximité du village, il est décrit par un inventaire de 1706 comme "unchâteau en assez bon état, couvert de tuiles plates y ayant une grangebouvée et écurie séparées dudit château". |
Au siècle dernier, le baron Bouverat le décrivait encore comme "un gros bâtiment à tour carrée coiffée d'une large toiture et dépourvue de tout caractère".
C'est en 1383 que le Chevalier Pierre d'ARENTHON épousa Marguerite d'ALAI et ajouta son patronyme à celui de son épouse. Les Arenthon devinrent les ARENTHON D'ALEX, dont la lignée s'illustra particulièrement au 17è siècle.
En effet, le 25 septembre 1620 nait au château Jean d'Arenthon d'Alex, cadet de 24 enfants. Après des études brillantes, le voici Prince-évêque de Genève de 1660 à 1695, l'un des plus remarquables successeurs de Saint François de Sales. On lui doit la construction du Grand Séminaire d'Annecy. Mais surtout il entreprit le procès en béatification de son illustre prédécesseur. La famille s'éteint au 18è siècle avec Denis d'Arenthon d'Alex, Président au Souverain Sénat de Savoie. En 1783, le Roi de Sardaigne érige Alex en Comté.
Au printemps 1793, Alex est un des points forts de l'insurrection de la vallée de Thônes contre le pouvoir de la bourgeoisie jacobine.
Au mois d'août 1793, quand Annecy se révolte à son tour contre les Jacobins, le Comte d'Alex, qui fut premier syndic de la ville, prend la tête de l'émeute, poussé par la population. Pris dans une embuscade, il est assassiné aux Marquisats. Le château est alors confisqué, vendu comme bien national. Il passe aux mains de multiples propriétaires.
En 1884, Philippe Gay, son propriétaire rural, en démolit une grande partie, pour ne conserver que le corps du logis principal.
Mais il reste encore dans la chapelle le souvenir du Bienheureux Pierre Favre, cofondateur de la Compagnie de Jésus avec Saint Ignace de Loyola. En août 1541, lors d'une visite à sa famille de Thônes, entre deux missions en Allemagne et en Espagne, il y célébra la messe et "fut vu en extase".
Pendant de nombreuses années, ce château est occupé par des colonies de vacances.
Racheté à ses derniers propriétaires par Jean-Marc et Claudine Salomon et judicieusement restauré, il sert aujourd'hui d'écrin remarquable à leur Fondation d'Art Contemporain.
Le Château Vert ou Crêt Vert
En prenant le chemin qui part en face du Château d'Alex et s'en va vers la Rochette, par "chez Longet", on passe sans le savoir près duChâteau Vert.
Il n'en reste aujourd'hui plus rien.
Mais en 1900, Monsieur Marteaux, dans le récit d'une excursion, parlait "d'un petit plateau au mas de Pommier Dessus, où s'élevait un vieux château détruit il y a 500 ans."
Il raconte aussi que le Seigneur POUGET aurait miné ce terrain vers 1862 et découvert des murs rectangulaires de 1,50m d'épaisseur dans la partie sud-est où il supposait que s'élevait un donjon au dessus du ravin d'un petit nant.
En 1864, on aurait évalué la superficie à 7 ares et signalé des trouvailles d'ossements, de ferrailles, de monnaies et un cachet…ainsi que des monceaux d'os de porc à demi-brulés dans les environs immédiats.
Les Anciens d'Alex parlent aussi d'un tunnel reliant les deux châteaux, de résonnance particulière lorsque les chars à foin passaient surle chemin. Et l'entrée au château vert aurait été bouchée pour que les vaches n'y tombent pas.
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La Maison Forte de Folliet
A l'opposé du Château Vert, de l'autre côté de la plaine etdominant l'entrée du défilé de Dingy, se dresse encore ce que l'onappelle communément dans le village "Château-Folliet". | ![]() |
Certains bâtiments du Château auraient appartenu aux moines de Talloires, en particulier le pressoir.
Actuellement il ne reste que quelques éléments de l'ancienne bâtisse: fenêtres moulurées, portes surmontées de linteaux en accolade et une tour semi-circulaire.
Le bâtiment est aujourd'hui propriété privée.
Néanmoins, cette imposante demeure conserve le souvenir de ses lointains occupants et parmi eux Jean-Claude, Seigneur de Villy, Folliet, Charmoisy, Marclaz, Anthy, Il fut Conseiller d'Etat, premier gentilhomme de la Chambre du Duc de Nemours, grand maître de l'artillerie de Savoie et ambassadeur extraordinaire en Suisse.
En 1600, il épouse Louise DU CHASTEL. Louise était "demoiselle" de Marguerite de Clèves, duchesse douairière de Guise. Elle devint "La Philotée" de Saint-François de Sales. Les lettres adressées à Madame de Charmoisy par son Directeur de conscience formèrent la très célèbre "Introduction à la Vie Dévote" éditée en 1610 à Lyon.
Cette femme fut un personnage d'exception, éduquant seule ses deux enfants après son veuvage, conservant la fortune dont elle avait la gérance et l'enrichissant de nouvelles acquisitions.
Elle partageait son temps entre les oeuvres de piété et le soin aux pauvres et malades.
Méditant chaque jour les sages avis et les règles spirituelles de Saint François, ayant renoncé à tout plaisir mondain, elle porta toujours un vif intérêt à l'ordre tout neuf de la Visitation.
Liée d'amitié à Sainte Jeanne de Chantal, elle connaissait toutes les religieuses qui voyaient en elle la première fille spirituelle de leur saint fondateur.
Saint-François de Sales écrivait "qu'elle était une belle âme".



